Ma Motivation: Perdue…ou oubliée ?

On ne PERD pas notre motivation. Soit on l’oublie, soit c’est le temps de passer à autre chose.

Vous avez un entraînement à l’horaire aujourd’hui et vous n’avez pas le goût d’y aller. Tiens donc… Il nous est tous déjà arrivé, à un moment donné, de perdre la motivation face à la pratique d’une activité, non? Vraiment? Est-ce que vous avez réellement PERDU votre motivation? Je soupçonne plutôt que vous l’ayez OUBLIÉE.

Au départ, vous aviez certainement de bonnes raisons de vous engager dans votre sport. Vous avez pris rapidement un grand plaisir à le pratiquer. Avec le temps, il est possible que vous soyez tombé dans une routine ou sur le «pilote automatique». Vous vous entraînez parce que c’est ce qu’il faut faire. Vous vous présentez à l’entraînement parce que c’est ce que vous avez toujours fait.

Cette routine, quoique nécessaire, peut aussi vous jouer des tours. Lorsque l’on fait quelque chose de demandant (comme un entraînement) de manière répétitive SANS savoir le pourquoi qui s’y rattache, c’est tout à fait humain de se retrouver avec un défi sur le plan de la motivation. C’est pour cette raison que vous allez vous réveiller certains matins avec un conflit intérieur à régler : est-ce que je vais m’entraîner ou je n’y vais pas? Rester au lit ou me présenter au plateau d’entraînement? Prendre une journée de congé ou respecter mon plan?

Quel est ton «pourquoi», ta motivation intrinsèque ?

La chose à faire est de vous poser la question suivante : pourquoi est-ce que je fais ça? C’est une question toute simple, mais qui mérite d’être posée régulièrement et surtout répondue sincèrement. Autrement dit, ce que l’on cherche ici, c’est la raison la plus profonde qui vous pousse à faire ce que vous faites. Pourquoi pratiquez-vous votre sport ou votre discipline?

Pour avoir du succès avec cette stratégie, il ne faut cependant pas s’arrêter au premier «pourquoi». Il faut aller plus loin que les raisons superficielles. Il faut continuer de creuser jusqu’à ce que vous trouviez ce qui vous stimule réellement. Posez-vous la question «pourquoi» plusieurs fois consécutives avant d’arriver à la vraie réponse.

Il faut aller chercher la motivation intrinsèque, cette motivation intérieure qui vous propulse au-delà de tout. En faisant bien cet exercice, vous allez toucher à une partie de votre cerveau qu’on appelle le cerveau limbique, qui lui, dicte en grande partie vos prises de décisions.

Ça peut aller comme suit :

  1. Pourquoi est-ce que je dois aller à l’entraînement? Parce qu’il faut s’entraîner pour être meilleur.
  2. Pourquoi je veux être meilleur? Parce ce que je veux aider mon équipe à gagner plus de matchs.
  3. Pourquoi je veux aider mon équipe à gagner plus de matchs? Parce que je veux faire partie d’une équipe gagnante.
  4. Pourquoi je veux faire partie d’une équipe gagnante? Parce que je veux vivre des expériences incroyables.
  5. Pourquoi je veux vivre des expériences incroyables? Parce que je ne veux pas avoir de regrets après ma carrière sportive et je veux garder plein de beaux souvenirs.
  6. BINGO! Voici une solide source de motivation intrinsèque qui pourrait se résumer en trois petits mots : pas de regrets.

Ces trois mots, autrement dit votre «Pourquoi», peut être le facteur qui va faire toute la différence. Ce «pourquoi» a le potentiel de vous redonner toute la motivation dont vous avez besoin pour vous présenter à l’entraînement.

Le danger

Le danger, comme présenté plus tôt dans cet article, c’est de l’oublier. Lorsqu’on s’éloigne trop de notre motivation intrinsèque ou qu’on ne l’entretient pas bien, c’est là qu’on peut se perdre. Il faut la voir comme un feu de camp. Lorsque bien entretenu, qu’il contient suffisamment de bois et qu’il flambe bien, il dégage une belle chaleur. Ça peut durer un certain temps. Par contre, si l’on n’ajoute pas une bûche de temps à autre, il va s’éteindre. Il en va de même avec la motivation. Il faut l’entretenir. Il faut la nourrir.  

Je vous invite donc à faire l’exercice proposé plus tôt et surtout à afficher clairement votre «pourquoi» sur le mur de votre chambre afin de le consulter régulièrement. Prenez exemple sur Mikaël Kingsbury, qui, à l’âge de 9 ans, rêvait de devenir un champion olympique. Au plafond de sa chambre, juste au-dessus de son lit, il avait affiché son rêve afin de se réveiller et de s’endormir avec cette même motivation tous les jours. Gageons qu’il a rarement manqué de motivation!

Mikael-Kingsbury-je-vais-gagner

L’affiche que Mikaël Kingsbury a préparée et collée sur son plafond à l’âge de neuf ans. Seize ans plus tard, il réalise son rêve et devient champion olympique.

Lorsque le feu n’y est plus…

Sur une autre note, si vous réalisez qu’il devient de plus en plus difficile de vous rendre à l’entraînement, que vous relisez votre «pourquoi» et qu’il n’est plus aussi significatif, c’est peut-être, et je dis peut-être, le temps de considérer passer à autre chose. Prenez soin de bien y réfléchir et d’aller chercher le soutien nécessaire pour vous aider dans votre réflexion. Parfois, se diriger vers d’autres passions ou projets peut s’avérer l’option à adopter.  

Jonathan Lelièvre, M.Sc.
Spécialiste en Psychologie du sport et de la performance
www.JonathanLelievre.com